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Le CYLINDRE

11/17/2009 8:00 PM at Christophe
THEATRE MUSICAL, Théâtre Musical (Besançon), 25000
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Un album enregistré entre Paris, Séville et Londres, avec Christophe Van Huffel. Un chef d’œuvre qui débute avec la contribution d’Isabelle Adjani (« Wo wo wo wo »), s’embrase avec une chorale gitane (« It must be a sign »), nous tamponne avec un hit magnétisant (« Tonight Tonight »), escalade des sphères bouleversantes (« Parle lui de moi »), pour se clore avec la voix de Daniel Filipacchi (« Les voyageurs du train… ») ; un disque dont l’enregistrement épique a inclus des séances avec le mythique batteur Carmine Appice, avec Erik Truffaz et Jac Berrocal, Mark Cunningham et Murcof, Patrick Muller et Pamelia Kurstin, Florian Zeller, Marie-Pierre Chevalier, Marie Möör, et le grand Emir Deodato pour diriger les cordes… Avec, au sommet de la pyramide, Christophe, « le chanteur », le véritable chef d’orchestre. Esthète brûlé, dans les nuages, redescendu sur terre nous livrer une œuvre à l’intensité bouleversante. Walter Pater, essayiste du XIXe siècle : « C’est l’étrangeté ajoutée à la beauté qui confère un caractère romantique à l’art. » Romantique, étrange, beau, c’est « Aimer ce que nous sommes ». Tout ça, et même plus, bien plus. Pour finir comme se termine le disque, sur la formule de Daniel Filipacchi : « Eh bien voilà, salut ! » Il a tout traversé. Le rock’n’roll, l’electro, la chanson : il les a habité, débauché, magnifié. Il a été le contemporain de Serge Gainsbourg et des juke-boxes, de John Lennon et des bals du samedi soir, il vit désormais, même si son horloge avance, à sa propre heure, paré de son inséparable laptop, happé par l’électricité nocturne, révéré par les nouveaux artistes dans le vent, convoité par tous, insaisissable : il va tous nous enterrer, Christophe, le dernier des Bevilacqua, le dandy populaire, l’esthète lunaire, le chanteur légendaire. Il a 62 ans, il sort son neuvième album, « Aimer ce que nous sommes », et ce qu’il crée, ce qu’il est, on aime, si intensément. Son précédent album, « Comm’ si la terre penchait », date de 2001, c’était l’Odyssée de l’espace, Christophe inventait pour le XXIe siècle des chansons en apesanteur, belles et spéciales, spatiales. Un retour sous les feux des projecteurs totalement réussi, commercialement, artistiquement, métaphysiquement. Sept ans de réflexion, 2008, et vu du ciel, la terre d’« Aimer ce que nous sommes » penche toujours, car ainsi va l’univers Christophe, en rotation, où trouver son équilibre, c’est parvenir à un état dé félicité esthétique qui transcende. Les chansons d’« Aimer ce que nous sommes » sont folles ? Elles sont surtout belles à pleurer. Christophe le confirme avec cet album, qui n’est ni le disque de la maturité ni celui de l’explosion (c’est celui de l’accomplissement, du surpassement perpétuel) : il est le seul à ainsi savoir composer des chansons où le populaire fusionne avec le technologique de façon aussi charnelle, accessible, distinguée.